Hommage à Pierre Dansereau

Thématiques du colloque Pierre-Dansereau

L’œuvre de Pierre Dansereau et l’avenir des sciences de l’environnement

 

Le colloque aura pour objectifs de rendre hommage à Pierre Dansereau, de revisiter et de resituer sa pensée dans le contexte des bouleversements actuels, afin de bâtir sur ce socle des réflexions porteuses pour l’avenir sur trois thématiques transversales :

1. L’épistémologie des sciences de l'environnement et l'interdisciplinarité

Pierre Dansereau est connu, entre autres, pour avoir préconisé et promu des sciences de l’environnement qui soient interdisciplinaires. À la base, tout chercheur devrait être un spécialiste, disait-il, mais une culture scientifique globale est néanmoins incontournable puisque les problèmes écologiques impliquent toujours des composantes humaines, physiques et biologiques. Le concept d’écosystème, tel que représenté dans sa « boule-de-flèches » (1973), illustrait selon Dansereau la raison pour laquelle il fallait en venir à une « synthèse nécessaire » de toutes les disciplines du champ de l’environnement. Quatre décennies plus tard, la complexité des réalités socio-écologiques contemporaines nous interpelle à réfléchir à nouveau à cet enjeu, tant d’un point de vue théorique (quelles sont la pertinence et la signification de la synthèse des disciplines?) que pratique (comment l’interdisciplinarité peut-elle se pratiquer dans les faits, la formation, la recherche et l'intervention?).

2. La culture, l'esthétique et l'environnement

Pierre Dansereau a souvent défendu une conception moins dichotomique et plus unifiée de l’art et de la science. Dans La vie des arts, il écrivait, en 1990, que l’écologie peut offrir « une toile de fond pour un nouvel humanisme » tout en soulignant que la science avait besoin de moments créatifs afin de montrer au monde une nouvelle image d’elle-même, une image qui en dévoilerait les limites tout en proposant des voies de solutions. L’écologiste était sensible au rôle de la culture, des symboles, des représentations et de l’esthétique – bref, à ce qu’il appelait le « paysage intérieur » – et il incitait les chercheurs des sciences sociales à prendre part à son projet d’écologie humaine. Comment comprendre ce paysage intérieur aujourd’hui? Comment est-il possible de le transformer? Quelles sont ses dimensions culturelles et interculturelles?

3. L’engagement et les enjeux éthiques de la relation humain-écosystème : de l'écodécision à l'écodéveloppement

Pierre Dansereau disait que si l’écologie ne peut fournir des valeurs et des principes éthiques explicites, « elle peut nous donner un arrière-plan considérablement amélioré pour un estimé réel et réaliste de la responsabilité humaine et sociale » (1973). Sa pensée a pris forme et s’est clarifiée à travers son engagement pacifiste et humaniste et sa critique de la société de consommation ont donné une forme cohérente à sa pensée. Ses réflexions plus tardives sur « l’austérité joyeuse » permettent aussi de penser une éthique environnementale capable de différencier entre le besoin, le désir, la capacité et la satisfaction (1991). Mais en quoi ces engagements et cette éthique peuvent-ils inspirer les institutions (universitaires et autres), les chercheurs et les citoyens aujourd’hui encore?